L’intégration au coin de la rue | Le Devoir
Au Québec, un dépanneur sur six est géré par un immigrant chinois
par Valérian Mazataud – 31 mars 2012
La nouvelle porte d’entrée de la communauté chinoise n’est pas le chemin le plus facile. De longues heures de travail et un faible rendement sont au rendez-vous, mais le contact permanent avec les clients constitue une véritable «école d’intégration».
9h, le propriétaire du café du coin vient acheter les journaux du jour. 9h23, une fille tatouée des pieds à la tête a besoin de liquide vaisselle. 9h27, un jeune barbu aux oreilles percées achète deux pintes de lait. 9h38, un lecteur du Devoir à la toux rauque taquine la petite Jia. «C’est toujours plus calme le matin», avoue la propriétaire des lieux, Mme Xiang Lu, alors qu’un rayon de soleil caresse paresseusement le frigo à crème glacée.
En chinois, le dépanneur Yiang Jia signifie «vainqueur» et associe les prénoms des deux filles du couple de propriétaires, une sorte de porte-bonheur pour persévérer. Durant les dernières années, plusieurs centaines de leurs compatriotes les ont imités. Aujourd’hui, Zude Le, conseiller auprès de l’Association chinoise des dépanneurs du Québec, estime que sur les 5800 dépanneurs de la province, près de 1000 seraient tenus par des immigrants d’origine chinoise. Cependant, en l’absence de statistiques officielles, difficile de viser juste.
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