identité québécoise v.s. identité hongkongaise, des ressemblances?

J’ai déjà partagé cette photo sur facebook mais elle m’interpelle tant que je ressens le besoin d’écrire quelque chose sur notre blog.

En revenant de mon voyage à Hong Kong, une idée s’est confirmée davantage dans mon esprit. Je me dois de parler le cantonais autant que possible, la langue cantonaise fait partie de mes racines, il est crucial pour moi de revenir à mon origine et cultiver mes connaissances dans cette langue qui est si riche et irremplaçable.

Cet homme occidental tient une pancarte qui dit, ‘les étrangers soutiennent aussi le cantonais (en gros), les Hongkongais parlent le cantonais, repars dans ton village si tu ne le comprends pas.’

Même si je ne suis pas d’accord sur le ton de rejet de cette phrase qui sonne raciste, je suis pour cette cause.

J’ai toujours pensé que la situation à Hong Kong ressemble à celle du Québec- on parle une autre langue que le mandarin, on est une région administrative spéciale  (HKSAR= Hong Kong Special Administration Region), on a une identité beaucoup plus ambigüe que nos voisins à Shenzhen par exemple, on a même notre monnaie unique pour Hong Kong!

Les Québécois se battent pour conserver la langue française et cette problématique vient juste de commencer à toucher aux Hongkongais et aux Cantonais. Malheureusement, les Hongkongais ne sont pas encore conscients de ce danger. Le fait est que, les Hongkongais parlent toujours anglais avec tous les Occidentaux, même si ceux-ci les abordent en cantonais.  Plus grave encore, ils parlent anglais entre eux et même avec leurs enfants; Leurs enfants, à l’âge de 3 ans, apprennent le mandarin à l’école. La tendance est de leur faire passer des concours de lectures de poésie en anglais et en mandarin, jamais en cantonais. Pourquoi? Le cantonais n’est pas valorisé puisque ce n’est pas la langue officielle de Chine?

Je n’ai ni l’intention d’être rigide ni de forcer tous les étrangers à apprendre le cantonais mais les faits s’avèrent que les étrangers à Hongkong ne sont pas capables d’apprendre la langue  faute de support du peuple local. J’ai envie de crier, ‘ C’est fini la colonisation! Réveillez-vous! Manifestez-vous!’ La colonisation s’est terminée il y a déjà 14 ans, pourquoi les Hongkongais continuent à accepter toutes ces inégalités au détriment même de leur racine dont la langue cantonaise fait partie intégrale?

Selon moi, les Hongkongais et les Chinois sont un peuple soumis. Le Confucianisme nous apprend à respecter ou plutôt être soumis à nos parents, nos aînés et nos professeurs. La Chine, elle nous apprend que le gouvernement est nos parents. Voyez-vous le cercle vicieux?

La mentalité hongkongaise et la mentalité québécoise pour moi sont chacune à une extrémité opposée. Cette dernière conserve sa langue et son identité à un tel point que se créent des xénophobes parmi la société; et la première ne sait pas encore valoriser sa culture et sa langue de sorte que les Hongkongais, un jour, en viendront à perdre leur identité.

Je trouve qu’après être retournée de mon voyage, j’ai confirmé davantage une ou plusieurs choses en moi, ce sont mes racines, je me sens plus enracinée. Cela m’a fait penser à ce que disait Lya Wu à Québec, elle avait mentionné durant l’entrevue qu’elle ne se sentait pas bien dans sa peau malgré son intégration réussite au Québec, elle ne comprenait pas la raison au début mais au fil des ans, elle s’est aperçue que la cause était l’absence de ses racines. Je suis d’accord avec elle, nous devrions tous prendre conscience de nos racines et à la fois planter de nouvelles graines dans nos jardins, mais je tiens à rajouter que nous devons quand même, de temps en temps, revenir à ces racines qui sont le point de départ de nos identités.

Un club social Sino- Québécois?

Moi, je suis partante.

Belonging

Bon, une autre semaine d’enseignement terminée, et comme d’habitude – et surtout parce que j’enseigne un cours sur la diversité culturelle – plein de questions qui restent avec moi, comme des traces. Jeudi, ma classe m’a confirmé ce que je savais déjà. En parlant des accommodements raisonnables – « scandale » créée par les médias il y a quatre ans – un étudiant me réplique le sorte de commentaire que je commence à m’habituer avec. « Nous, les québécois, il faut que nous soyons respectés, que nos valeurs soient suivis par eux. » En voulant amener la conversation encore plus loin, je le taquine un peu. « Nous, ça veut dire quoi exactement? Ma famille, on est ici depuis quatre générations, est-ce qu’on fait partie de « nous. » » Toute ma classe me dit non, certains à voix haute, d’autres avec le mouvement de leurs têtes, mais décidemment et certainement, et mon coeur, comme tant d’autres fois, fais boum.

C’est un peu comme l’entrevue qu’on a fait avec Katherine Riva, et son explication de pourquoi ma grandmère et mes oncles ne pourraient pas être considérés québécois. Même si ils ont travaillé toutes leurs vies – dans des fabriques, dans des restaurants, des emplois bien honnêtes et sujets aux beaux impôts québécois – le fait qu’ils n’ont pas maitrisé la langue française les exclue en permanence de la collectivité québécoise. Selon moi, il y a d’autres façons de contribuer à une société, et ce n’est pas tout le monde qui peut apprendre une langue rendu l’âge adulte. Et même si j’appuie la cause du français comme langue première au Québec – même jusq’au point de me sentir gênée de parler l’anglais en publique! – je ne vois pas comment ce mouvement devrait écraser les droits d’autres, surtout ceux qui n’auraient pas autant de temps libre à consacrer à l’apprentissage du français.

Être Chinois au Québec – Role Models

Upon reviewing the rushes of our road trip through Québec, there are certain people that stand out as role models in the Sino-Québécois community.

Ms. Xiang Ma was a professor in a university in China when she decided to immigrate to Canada. She is one of the leaders of the Chinese Calego workers who confronted the employer when he accused the Chinese workers in the factory as being dirty and eating like pigs. Ms. Ma along with Mr. Yong Shan He led a walkout and filed a complaint with the Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. As a result of their united struggle and determination, the Human Rights Tribunal awarded 15 workers of Chinese origin $150,000 for moral and punitive damages (see earlier posting, 6 septembre). Mr. He was physically assaulted for his leadership role but he was not intimidated and he was awarded additional compensation by the Tribunal as a result.

Ms. Ma now operates a dry cleaning establishment and Mr. He, an engineer in China, is now working in another factory as a computer numerical control machine operator. Both Ms. Ma and Mr. He believe that workers, especially minorities, should stick together and oppose any form of discrimination. As recent immigrants, they are determined to stand up for their rights and make a good life for themselves and their families here. Their struggle for justice united the Chinese community behind them. They set a good example for Chinese and other minorities to fight against discrimination.

Walter Tom was born in Hong Kong and grew up in Quebec City. He graduated from Laval Law School but he was not able to get a job in his profession there and he was forced to move to Montréal. When asked what it is like to be Chinese in Québec, his one word answer is “Tough. But it was even tougher for my father and grandfather.” Lire la suite

Réflexion sur ma propre identité

Après une semaine vallonnée de rencontres improvisées et prévues de Chinois vivant au Québec, je me sens privilégiée de pouvoir parler de ce sujet au travers de mon expérience.

Comme je ne suis pas née au Canada, je me sentais un peu écartée du sujet du film au début. Je n’ai pas la même sensibilité que les deux caractères principaux Bethany et Parker. Lorsqu’ils retraçaient leurs racines chinoises, moi de mon coté je me sentais parfois m’éloigner des miennes. En effet, le simple fait de parler et d’utiliser d’autres langues que la mienne tous les jours me transforme en une différente personne. Je me suis posée la question : Que deviendrai-je? Qu’est-ce que je  souhaite devenir? Au moins, ce film m’a permit d’y réfléchir davantage.

Au fil des ans, je m’étais aperçue que certaines de mes valeurs sont différentes de celles des Chinois typiques, par exemple l’importance excessive envers le travail, la stabilité financière et l’obéissance. De plus, je trouve qu’ils planifient leur vie de façon exagérée à un point qu’ils considèrent même leurs enfants comme un investissement pour l’avenir. À vrai dire, je ne tiens pas à ces valeurs typiques, cela me dérangeait tant que je voulais partir. Depuis presque trois ans que je vis à Montréal, je n’avais pas conversé avec autant de Chinois. J’ai été persuadée que si je voulais vivre à l’étranger, ce ne serait pas pour rencontrer des Chinois.

À mon avis, les voyages, les découvertes et les rencontres stimulantes forment nos valeurs alors que notre noyau fondamental s’est déjà formé avant notre vie d’adulte. Durant le ‘road trip’, je me suis rendue compte qu’il existe toujours ce lien familier avec les Chinois que j’ai croisés sur la route du Québec  puisque nous parlons la même langue et nous avons les mêmes manières. J’ai plus de facilité à m’identifier soit comme Chinoise ou Hongkongaise sous ces circonstances. Ce voyage m’a fait comprendre que moi aussi, je devrais être plus patiente et tolérante envers les valeurs que je n’apprécie guère, l’histoire et la lutte précédentes de Chinois ont fait ce qu’ils sont aujourd’hui.

Beaucoup de conflits et de racisme sont causés par l’ignorance et l’intolérance, je crois que l’harmonie nous amènerait loin, le mot chinois de ‘Harmonie’ (和諧) suggère : ensemble, union(和) et harmonie, accord (諧). Selon l’étymologie, le mot ‘harmonie’ était employé en musique au début, si les musiciens ne s’écoutent pas en jouant dans un concert, quel serait le résultat? Je crois que c’est pareil dans une société : écouter les uns les autres, ouvrir son cœur et accepter la différence nous aideraient à nous approcher à l’harmonie.  J’espère que ce film déploierait tant les coutumes traditionnelles que les valeurs de nos jours afin de dévoiler une partie des mystères chez les immigrants Chinois.

Tous les titres tels que ‘Sino-Québecois’, ‘Sino-Canadien’, ‘Chinois-Canadien’ sont nommés par des ‘outsiders’, je pense que la plupart des gens définissent ces termes par le fait géographique qui est la façon la plus évidente et adoptée, par contre, ce film nous fera comprendre que les gens sont libres d’interpréter ce que signifient toutes ces appellations. À travers ce voyage, je suis certaine que Bethany et Parker ont également la liberté d’interpréter ces termes, de se faire accepter par leur différence et éventuellement de trouver leur espace où ils se sentent à l’aise pour planter leurs graines en quiétude. Ce serait injuste d’épingler aux gens les étiquettes qui sont accompagnées d’une tonne de stéréotypes.

KWOK Wai-Yin, la recherchiste et l’assistante de production

 

我記住…魁北克?

Je rêve depuis toujour de « retourner » en Chine, un jour.

But let me preface this by stating that I have never set foot in Mainland China. So « going back » is at best a grammatical error, at worst an impossibility. Yet I stubbornly persist in using that phrase, as if to transform my misinformed assertion into a psychological state of mind, or to impress upon people that my « real » home is there. In reality, nothing could be further from the truth. Like Bethany, my family’s history in Canada stretches back four generations. What could I possibly get out of going back to place I’ve never been?

Dans quelques heures débutera la première manche d’un voyage à l’allure simple: 929 kilomètres de route, en auto, entre Montréal et Gaspé avec des mini-escales prévues à Trois-Rivières, Sorel, Québec, Rimouski, Rivière-du-Loup et bien d’autres endroits. Mais ce qui m’amènera beaucoup plus loin c’est le voyage intérieur, dont le parcours ne peut se mésurer en kilomètres, à fouiller dans le marais de nos souvenirs collectifs. J’espère m’éclairer sur ce qui constitue un sentiment d’appartenance, d’être « chez soi », auprès de ceux et celles qui l’ont cherché depuis longtemps ici au Québec.