Rétrospective des projections

Selon le Playbackonline.ca, un site qui suit les nouvelles sur les productions, la diffusion et les médias interactives canadiennes, Être chinois au Québec arrive 4e au box office des films canadiens dans  la semaine du 24-30 mai, ce qui est une très bonne nouvelle en soi, malgré que nous pouvons constater une faible taux d’intérêt pour des films produits localement.

Hot sheet

Après une belle semaine remplie de discussions intéressantes les unes des autres avec un public des plus variés et des commentaires très constructives sur nos projections, voilà les réflections d’une de nos intervenantes.

Xi Sophie ZhangLa soirée de questions et d’échange a été très enrichissante. J’ai beaucoup apprécié le deuxième visionnement du documentaire, qui m’a permis de l’analyser avec un certain recul. Le message d’identité a résonné plus fort la 2è fois et la diversité des personnages m’a fait sourire. La question « qu’est-ce qui nous unit tous, en tant que Sino-Québécois? » m’a semblé d’autant plus pertinente. Lors de la séance de questions, la complexité des sujets de conversation m’a étonnée. En me questionnant sur mon attachement à mes racines chinoises, en soulevant mon rôle au sein de la société québécoise, l’auditoire a su réveiller mon côté chinois, plutôt dormant depuis quelques années. Le highlight de ma soirée : la présence d’autres minorités ethniques dans la salle qui se sont dit interpellées par le documentaire en relation avec leurs propres expériences de recherche d’identité et de discrimination. – Xi Sophie Zhang

Nous continuons de travailler à amener le film vers vous. Restez aux aguets pour nos prochains événements!

Fondue chinoise

Il y a quelques années de cela, alors que j’habitais à Gatineau en Outaouais, un ami québécois d’origine haïtienne (un excellent cuisinier qui fait d’ailleurs de délicieuses soupes wonton — raviolis chinois), avait organisé chez lui un souper de fondue chinoise.  Nous étions une dizaine à y être invité.  Enthousiaste et aussi parce que j’aime beaucoup la fondue, j’avais accepté promptement et je lui avais proposé de passer faire une partie de l’épicerie au Quartier chinois d’Ottawa.

Donc au courant de la journée, j’étais allée nous procurer tout ce qu’on pouvait retrouver dans une bonne fondue chinoise, que des bons ingrédients comme nous en mangeons en famille.

J’étais arrivé un peu plus tôt pour l’aider à préparer le tout.  Tout d’abord, il me montre ce que lui avait déjà acheté: des légumes, de la viande à fondue, mais aussi du gibier et autres bonnes choses dont je n’avais pas l’habitude d’incorporer dans mes fondues, mais un peu de nouveauté n’a jamais fait de tort à personne!  L’appétit était bel et bien ouvert!

Puis je m’empresse de déballer mes emplettes sous son regard intrigué pour le moins qu’on puisse dire: boulettes de toute sorte (poissons, fruits de mer, algues, boeuf…), petits calmars et autres fruits de mer, légumes chinois, viande à fondue chinoise (agneau), vermicelles, tofu, bouillon traditionnel (qui finalement avec ses épices et herbes exotiques n’ont jamais fini dans le caquelon – chaudron à fondue) faisaient leur apparition sur son comptoir…   L’aventure gastronomique allait commencer!

Cela va sans dire, mes produits « clashaient » avec les siens, notamment par le bouillon qu’il s’était procuré, c’est-à-dire trois grosses conserves de bouillon à fondue fait à base de tomate et de vin blanc.  Le mélange était, je dois l’avouer, un peu rare, mais pas mauvais.  Je crois que c’était un peu extrême pour les autres invités non habitués à la cuisine chinoise telle que je la connais.

J’oubliais de mentionner que j’ai aussi l’habitude de manger de la fondue avec une passoire à fondue (une cuillère-passoire, invention absolument géniale qui permet de bien cuire les boulettes rondes et de récupérer tout ce qui tombe dans le fond du caquelon! Voir photo ci-bas) et des baguettes au lieu de fourchettes à fondue et de fourchettes réguliers!

Passoire à fondue

Passoire à fondue

Morale de l’histoire:

Depuis cet épisode révélateur, toutes les fois que je suis invitée à prendre part à une soirée « fondue chinoise » qui comptent des amis non asiatiques, je m’informe toujours auprès de mes hôtes à savoir s’il s’agit d’une fondue chinoise chinoise ou chinoise occidentale!   Je dois également remercier mon ami pour la belle découverte et d’avoir ouvert mes horizons gastronomiques!

Bonne appétit!

Fondue chinoise traditionnelle

Exemple de fondue chinoise traditionnelle

La tournée a commencé… Plus de 1088km en une semaine!

Début de tournéeL’équipe d’Être chinois au Québec a été pas mal occupée la semaine dernière!

Au début de la semaine, suite à l’invitation de la professeure Silma Bilge de l’Université de Montréal, Parker Mah et le co-réalisateur, Malcolm Guy, sont allés présenter le film auprès de ses étudiant-e-s en sociologie.

S’ensuivit la projection du film au Collège Champlain, à St-Lambert où Bethany Or enseigne.

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946913_10151573328135513_1116562850_nEt pour terminer la semaine en beauté, Bethany et Parker sont allés rejoindre les ami-e-s rimouskois-e-s dans le bas du fleuve où une troisième projection a eu lieu.

Quelle belle façon d’amorcer notre tournée dans la province! Prochain arrêt, une semaine à Montréal où le film prendra l’affiche au Cinéma du Parc dès le vendredi 24 mai 2013.

Soirée mémorable! What a memorable evening!

(English below)

Merci à toutes et à tous de vous être déplacés vendredi le 15 février en si grand nombre (plus de 600 personnes) pour le lancement de notre film! 🙂

Pour ceux qui n’ont malheureusement pu assister à la représentation ou qui aimerait le revoir une deuxième ou une troisième (!) fois, Canal D diffusera une version abrégée du film le dimanche, 10 mars prochain à 21h00, en rediffusion le 15 mars à 06h00.

Être chinois au Québec

Nous continuerons de vous tenir au courant des projections futures. Nous planifions déjà les présentations à Québec, Rimouski et Brossard.

Une fois de plus MERCI de votre soutien et de votre intérêt pour notre film!!

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Thank you to all of you who came Friday, Feb 15 for our Premiere (over 600 people)! 🙂

For those who could not make it to the screening or those who would like to see it a second or a third time (!), Canal D will air a shorter version of the film on Sunday, March 10 at 9pm,  repeat on March 15 at 6am.

Être chinois au Québec

We will keep you posted about future public screenings. We are already planning screenings in Quebec City, Rimouski and Brossard.

Once again, THANK YOU so much for your support and interest in the film!!

Être minoritaire dans une minorité dans une minorité dans une minorité dans une majorité

Que c’est complexe les langues…  Mais que c’est riche aussi!  Prenons par exemple le cas du français, il n’existe pas un français, mais des français!  Le français québécois est riche d’un éventail d’expressions et de mots qu’on ne trouvera pas nécessairement dans le reste de la Francophonie.  Quelquefois, il arrive que deux personnes de langue française ne se comprennent pas.  Par exemple, un Québécois qui séjourne à Paris modifierait peut-être son accent et son vocabulaire pour que son interlocuteur puisse le comprendre, et vice-versa.  Même au sein de la Francophonie canadienne, on entend des variantes du français qui peuvent en étonner plus d’un, comme le cas du Chiac ou des accents tels que ceux du Saguenay, de Québec, l’accent franco-ontarien, etc.

Maintenant, imaginez le cas avec le chinois.  Il n’existe pas un chinois, mais des chinois, que nous appelons des dialectes.  En Chine, il en existe une centaine et elles sont pratiquement des langues en soi.  Un Chinois de Pékin ne comprendra pas nécessairement un Chinois de Guangzhou à moins qu’ils ne parlent un dialecte commun, un peu comme un Allemand qui parlerait à un Français:  la sonorité est complètement différente.  Dans le cas de la Chine, la solution du gouvernement fut de faire adopter le mandarin comme langue officielle à toute la population, le mandarin étant la langue la plus parlée dans le pays, mais particulièrement concentrée dans le nord.  Ça, c’était en 1955. Lire la suite

À la recherche des Sino-québécois

Récemment, j’ai eu des conversations plutôt intéressantes avec mon entourage au sujet de la sortie du film.  La réaction est unanime: « il y a d’autres communautés chinoises à l’extérieur de Montréal? »  Et oui!  Avant de travailler sur ce projet, j’en ignorais même l’existance!

Montréal, ville cosmopolite où vivent un melting pot de gens de toutes origines… 

On peut tout simplement rester dans la ville et on aurait presque l’impression d’avoir fait le tour du monde.  Il y a la Petite Italie et Little Portugal, Parc-Extension où se trouve une importante population d’origine indienne; puis il y a aussi les communautés grecque, portugaise, latina plus concentrées dans certains quartiers de la ville que d’autres, et bien entendu LE Quartier chinois et ses satellites autour du métro Guy-Concordia, dans Ville St-Laurent et Brossard.

Lorsque les réalisateurs Malcolm Guy et William Ging Wee Dere me chargèrent d’effectuer la  recherche initiale de ce projet, retracer les personnes d’origine chinoise s’avérait donc facile dans la grande ville.

Québec, ville fortifiée et berceau de l’Amérique française

Au début, les seules pistes que je tenais, provenaient de Malcolm et de William.  Ils me présentèrent tout d’abord à Walter Chi-Yan Tom, un avocat réputé de Montréal.

Me Tom est arrivé très jeune au pays, dans la ville de Québec plus exactement.  C’est là qu’il a grandit et qu’il fit ses études en droit à l’Université Laval.  Puis il dû déménager, faute d’emploi et élu domicile à Montréal où il y réside toujours.  Toutefois, il a gardé des liens avec des membres de l’ancienne communauté chinoise, maintenant éparpillée aux quatre vents.  Pourtant, certains sont restés et ce fut mon point de départ.

Photo de Doris Ng Ingham

Ancien édifice abritant la défunte Association de la Ligue nationale chinoise sur la rue St-Vallier à Québec, seul vestige au coeur d’un quartier chinois vibrant aujourd’hui disparu

 

Conjointement à cela, je farfouillais sur le web à la recherche d’autres informations lorsque je suis  tombée sur le site LeChinois.ca du sinophile Michel Parent qui fit l’objet d’un article dans Le Devoir.  Je l’ai donc contacté.  Après quelques échanges de courriels et de coups de téléphone, je le rencontrai en personne à Québec.  Il est une encyclopédie d’information sur l’histoire québécoise des Chinois et me la raconta avec grand enthousiasme. Mais il m’a également ouvert les yeux sur un tout nouvel univers: celui de la nouvelle vague d’immigration originaire de la Chine continentale et de ses personnages extrêmement diversifiés.

Puis il y a le reste du Québec…

Trouver des gens d’origine chinoise hors de Montréal fut un défi bien intéressant à relever.  Au début, c’était comme chercher un grain de riz dans un tas de neige pour ne pas dire chercher une aiguille dans une botte de foin!  C’est que cette population est peu connue au-delà des frontières de la région métropolitaine, voire de la ville de Québec.  Elle se dissimule dans le décor, car elle est sensiblement plus petite de taille et se fond davantage avec la population locale.  Il a donc fallut faire fondre la neige dans un tamis pour récolter ce grain de riz. Puis là, on s’est rendu compte qu’il y avait en fait plusieurs.

De fil en aiguille, après maintes détours et de cul-de-sac, et avec l’aide de précieux collaborateurs dans les régions, j’ai repéré des chinois vivant dans des endroits reculés de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est, puis dans des régions éloignées comme en Abitibi, dans la Côte-Nord, dans le Bas-St-Laurent et en Outaouais.  Mais je ne gâcherai pas la surprise en disant plus!

« Être chinois au Québec » va à la rencontre de certains membres de cette population méconnue et aux racines si diversifiées.  Bethany Or et Parker Mah, nos deux Sino-québécois d’adoption, sont allés les visiter dans leur ville respective.  Je vous invite à les suivre.  Ils vous feront voir le Québec comme vous ne l’auriez jamais vu auparavant, c’est garanti!  Vous apprendrez  davantage sur leur histoire, leur adaptation au Québec, leurs réfléxions sur la vie dans la province et plus.

Voilà un avant-goût de ce qui vous attend le 15 février prochain à 19h au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal, histoire d’attiser votre curiosité.  Bon visionnement!

 

 

 

Many Chinese with French language skills coming to Quebec: Globe and Mail, La Presse

With their usual condescending Anglo-elite perspective, the Globe and Mail headlined the article below, « Chinese discover back door into Canada – through Quebec, » thus managing to simultaneously denigrate Québec and the Chinese. Still, the article does draw attention to something we also observed during our trip across Québec, that many Chinese are arriving in La Belle Province with excellent French language skills. However, it’s not because they want to enter by « the back door », but because they appreciate the language, the paysage and the people!

Thousands of people in China are trying to write their own ticket out of the country — in French.

Chinese desperate to emigrate have discovered a backdoor into Canada that involves applying for entry into the country’s francophone province of Quebec — as long as they have a good working knowledge of the local lingo.

So, while learning French as an additional language is losing ground in many parts of the world — even as Mandarin classes proliferate because of China’s rise on the international stage — many Chinese are busy learning how to say, “Bonjour, je m’appelle Zhang.”

Yin Shanshan said the French class she takes in the port city of Tianjin near Beijing even includes primers on Quebec’s history and its geography, including the names of suburbs around its biggest city, Montreal.

“My French class is a lot of fun,” the 25-year-old said. “So far, I can say ‘My name is … I come from … I live at’ ” and, getting straight to the business of settling down in the province: “I would like to rent a medium-sized, one-bedroom flat.’ ”

Despite China’s growing prosperity and clout, more and more of its citizens are rushing to the exits, eager to provide better education prospects for their children and escape from their country’s long-standing problems, including hazardous pollution and contaminated food.

Canada joins the United States and Australia among the most favoured destinations.

Read more at: Chinese discover back door into Canada — through Quebec – The Globe and Mail.

Article en français dans La Presse: Le français, une porte de sortie pour les Chinois voulant émigrer – La Presse

Responsibilities of a Minority Filmmaker

“They cannot represent themselves, they must be represented.” – Karl Marx (The Eighteenth Brumaire of Louis Bonaparte)

“The question arises whether a filmmaker from one culture can ever represent another culture in a way that avoids stereotyping, and without the film becoming a form of ‘visual imperialism’.” – Jane Chapman (Issues in Contemporary Documentary)

Firstly, I must admit that I am not a professional documentary filmmaker. I don’t know the daily realities and constraints of someone who makes films for a living. I fell into filmmaking accidentally, because I had something to say and a point of view to promote. Those are the main reasons for my work in “Moving the Mountain” and “Gens du Pays: les Chinois du Québec.”

Socially conscious cultural workers from national minorities have certain responsibilities whether they are aware of them or not. If you are true to yourself and true to your community, you cannot walk away from your social context. Unlike mainstream filmmakers who make films on minorities, minority filmmakers must answer for what they produced because what they do is a reflection of the community they live in and they must take responsibility for the end product and be accountable to that community.

What are we responsible for? Primarily we must tell and show the truth and do it honestly and passionately. We must tell the stories that the mainstream ignores or refuses to acknowledge as important. We must expose the contradictions, personal conflicts and struggles faced by the minority community in order to move forward. We must tell it in such a way that is not tripe, cliché, stereotypical or to fit certain expectations of the mainstream.

The insider/outsider dilemma. This does not mean that filmmakers outside the marginalized communities cannot document minority realities. They could bring in a fresh and different approach.  However, whether you are an ”insider” or an “outsider”, you should always beware of the conventions of mainstream representation. “The influence of mainstream representation means that ethnographic film tends to document the practices of other cultures within a medium that relies on Euro-American conventions.” – Jane Chapman

There is an acute lack of minority representation in the dominant Québec media, film and in the public discourse. It is seen as the problem of a “minority within a minority” in Québec, as many of our subjects have stated. Within the Québec national context, minorities must develop our own presence and representation. We must promote and be proud of our cultural works and not be afraid to confront the dominant mainstream representation. We must also demand access to the mainstream media. WE CANNOT FOREVER REMAIN THE “EXOTIC OTHERS.”

When indigenous or marginalized communities are dissatisfied with the way they are represented in the mainstream, the obvious alternative is to present via documentary new and better role models than those usually offered.”  – Jane Chapman

Music with Social Consciousness for Young Sino-Québécois

Culture is also expressed through music. As we struggle to finish the film, we are searching for inspiration for relevant, socially conscious music. When we made “Moving the Mountain”, there was music that had arisen from the progressive minority cultural and social movements of the 70’s and 80’s, represented by artists like Charlie Chin and Sean Gunn and Number One Son. That music depicted the cultural consciousness of the time.

We also need music that expresses the state of mind of young Chinese-Québécois at this time. One example of a musical group that reflects the attitude and emotions of  Chinese North American youth today is the American hip-hop group “Model Minority” and The GrandMaster Chu. We hope there will be Sino-Québécois musicians who can also express their realities here and reflect the struggle for identity, inclusion and equal access to jobs and services.

In the meantime, you can enjoy the music of the Model Minority.

Year of the Dragon (Chinese New Year rap)

http://www.youtube.com/watch?list=PLA2C6AB1A1EC9FB1E&v=9tqpEF9-_lw&feature=player_detailpage

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=TE1U8z6MmeA&list=ULTE1U8z6MmeA

http://www.youtube.com/watch?v=pZIzFUFRnKo&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=HTp-C1zNKFU

Want some comic relief? Go to see the Fung Brothers:

http://www.youtube.com/watch?v=y5GVMWl2Z-Y&feature=player_profilepage

http://www.youtube.com/watch?v=uH4J1KV4Nl8&feature=player_profilepage

http://www.youtube.com/watch?v=_Bw7FtyiX3g&feature=player_detailpage

 

Être chinois à Ottawa

We saw the first rough-edit version of the film yesterday, and worked all day to craft it into its final version. The film is funny, profound, disturbing and beautiful all at once. Congratulations to editor Meiyen for all her hard work and fabulous results!

After the screening, Parker and I sat down to begin scripting our voice-overs. Here’s a little excerpt – maybe you’ve had some similar experiences growing up?

Growing up Chinese in Ottawa

I was always swinging back and forth, like a pendulum, about my Chinese identity. At a young age, I idealized the notion of school (so not surprising that I’m a teacher now!), even setting up a classroom in our basement to “teach” my brother, my “student”. I begged my mother to go to school, but at the age of 3, the only one available to me was Chinese school, so she enrolled me.

At the age of 5, I began French immersion, and so I learnt all three languages at once – though English eventually won out as my dominant language. From time to time, I yearn for the Cantonese proficiency I had as an infant – I spoke better Cantonese then than I do now! With Chinese school on Saturday mornings, Chinese cultural activities on Saturday afternoons, Chinese church on Sunday mornings, and dim sum Sunday afternoons, it’s perhaps not surprising that I felt a disconnect with who I was the rest of the week, which was extremely “Canadian”.

In my early childhood, I actively rejected everything Chinese, eventually quitting Chinese school, but also disliking playing with Chinese children, and correcting my parents’ English. This was all from a place of shame and embarrassment.

Once a teenager, the pendulum swung the other way, because as all teenagers do, I wished to be different and special. One way of being special was to be exceedingly Chinese, and so I brought chopsticks to school to eat lunch with, I became intensely interested in Buddhism (my career goal was to become a Buddhist nun), and talked to my friends about what little Chinese culture I knew about.

Pendulum swings again on visit to China

The pendulum swung again when my mom brought me to China for the first time after high school, when I met my grandmother and extended family for the first time, and visited our ancestral village. I was very impressed by the collective nature and agricultural systems of our village (for the same environmental reasons I still have today, I think), but overall, the trip left me with a sense of disquiet, because I didn’t feel accepted by Chinese, even my own family members, who said I was “dark” and “fat”, not helping my already fragile teenage self-esteem.

The next year, I was accepted to many universities, but deliberately chose the one I knew would have the fewest Chinese people: Trent University in Peterborough, Ontario.

The pendulum only centered itself when I started to recognize my experience in different cultural products such as Giant Robot magazine and Wong Kar-Wai’s films – these gave me a sense of pride in being second-generation Chinese. Eventually, I put two-and-two together and realized that it’s pretty unusual to grown up the way I did, and that my real place, where I felt most comfortable, was within the Chinese community in Montreal, and that’s where I belonged.

I hope the film will provoke a similar reaction in people whose pendulums are swinging, and that recognizing themselves in these stories will give some inner peace.